Mentaliste

Comment devenir mentaliste et apprendre cet art ?

Ça y est, la décision est prise : pourquoi ne pas apprendre le mentalisme ? L'idée paraît simple au départ. On regarde un artiste deviner un mot, annoncer un choix à l'avance ou donner l'impression de connaître une pensée et on se dit que l'on aimerait faire la même chose. Alors autant commencer par découvrir les bases du mentalisme. Car entre regarder un numéro et réussir à le présenter devant du monde, il y a encore un peu de chemin.

Devenir mentaliste ne consiste pas à posséder un don particulier. Il faut apprendre des techniques, savoir parler devant un public et surtout répéter. La magie, la mémoire, l'observation et la présentation peuvent toutes avoir leur importance. Et comme pour beaucoup d'arts du spectacle, c'est souvent devant les premiers spectateurs que l'on comprend réellement ce qui fonctionne.

Commencer par regarder comment travaille un mentaliste

Avant de vouloir apprendre dix effets à la fois, il est intéressant d'observer. Pas uniquement le tour lui-même, mais tout ce qui se passe autour. Pour cela, on peut aussi découvrir plusieurs artistes français et comparer leur façon d'entrer en scène, de parler et de faire participer le public. Comment l'artiste entre-t-il en scène ? Quand parle-t-il ? À quel moment demande-t-il la participation d'une personne ? Combien de temps laisse-t-il avant de révéler le résultat ?

En regardant un magicien mentaliste à Paris ou un professionnel du mentalisme à Lyon, il faut donc essayer de ne pas se focaliser uniquement sur le secret du numéro. Le ton de la voix, les silences et la manière de regarder le public jouent aussi leur rôle. Quelquefois, un effet très simple devient fort uniquement parce qu'il est bien présenté.

S'initier d'abord à quelques tours de magie

Le mentalisme et la prestidigitation ne sont pas exactement la même chose, mais les deux mondes se croisent souvent. Un magicien et mentaliste peut d'ailleurs passer de l'un à l'autre dans une même prestation. Apprendre quelques tours avec des cartes, des pièces ou de petits objets peut donc être une bonne école. Cela oblige à répéter des gestes, à parler en même temps et à regarder les réactions des personnes.

Pas besoin de commencer avec du matériel compliqué. Un jeu de cartes suffit déjà pour travailler. Il faut apprendre un tour correctement, le présenter à son entourage, regarder ce qui provoque une réaction et recommencer. C'est plus utile que d'accumuler vingt tours que l'on maîtrise à moitié.

Petit à petit, le débutant apprend aussi à ne plus regarder ses mains en permanence. Il découvre où placer son attention et comment accompagner un effet par une histoire. C'est déjà une étape importante avant de passer à des expériences qui donnent l'impression de toucher davantage à la pensée.

La mémoire peut devenir un outil formidable

Un mentaliste a intérêt à travailler sa mémoire. Retenir plusieurs mots, des prénoms, une suite de chiffres ou certaines informations peut devenir très utile dans un spectacle. Heureusement, il existe des méthodes pour cela. La mémoire se travaille comme beaucoup d'autres choses.

On peut commencer simplement. Retenir une liste de dix objets, puis essayer de la restituer dans l'ordre. Ensuite vingt. Puis mélanger l'ordre. Cela paraît loin du spectacle, mais ce type d'exercice donne rapidement des possibilités intéressantes.

Il ne s'agit pas de passer ses journées à apprendre des centaines de chiffres. Quelques exercices réguliers valent souvent mieux qu'une longue séance abandonnée au bout de deux semaines.

Observer le public sans prétendre lire dans les pensées

L'observation prend aussi sa place. Une personne hésite, regarde dans une direction ou change légèrement de comportement. Ces détails peuvent aider l'artiste à conduire une expérience. Mais attention, observer quelqu'un ne permet pas de savoir automatiquement s'il ment ou dit la vérité.

Le langage du corps donne des indices, pas des certitudes. C'est justement là qu'il faut garder les pieds sur terre. Un bon mentaliste peut utiliser l'observation dans son spectacle sans faire croire qu'un simple mouvement des bras révèle tout ce qu'une personne pense.

Avec l'habitude, on apprend surtout à regarder le public dans son ensemble. Est-il attentif ? Est-ce que le rythme baisse ? Faut-il avancer plus vite ? Ces observations-là sont très utiles parce qu'elles permettent de mieux conduire une représentation.

Hypnose et mentalisme ne sont pas obligatoirement liés

Certains mentalistes pratiquent également l'hypnose, d'autres jamais. Il n'est donc pas obligatoire d'apprendre l'hypnose pour présenter du mentalisme. Ce sont deux disciplines différentes qui peuvent quelquefois être réunies dans un même spectacle.

Assister à un spectacle d'hypnose peut toutefois être intéressant pour observer la manière dont l'artiste parle, installe une ambiance et fait participer les personnes. Mais cela ne remplace pas une véritable formation si l'on souhaite pratiquer soi-même.

Il vaut mieux avancer progressivement. Quelques bons effets de mentalisme parfaitement maîtrisés seront toujours préférables à une accumulation de techniques utilisées sans véritable connaissance.

Faire un détour par l'histoire du paranormal

Le mentalisme emprunte depuis longtemps une partie de son vocabulaire au paranormal : télépathie, prédiction, intuition ou transmission de pensée. Il peut donc être intéressant de découvrir l'histoire de ces pratiques et de comprendre comment elles ont été présentées au public au fil du temps.

Mais il faut garder une différence entre spectacle et croyance. Sur scène, le mentaliste crée une impression. Il met en place une expérience destinée à provoquer une question : comment a-t-il fait ? C'est cette interrogation qui est intéressante.

Lire sur le spiritisme, les voyants ou les anciennes démonstrations de télépathie peut donc apporter de la culture au futur artiste. Cela permet aussi de comprendre comment certaines méthodes ont traversé les époques et se retrouvent aujourd'hui, transformées, dans le spectacle.

Apprendre à influencer sans vouloir manipuler les gens

Le mot manipulation revient souvent lorsqu'on parle de mentalisme. Pourtant, il ne faut pas imaginer qu'apprendre cet art donne le pouvoir de contrôler les autres. Dans un spectacle, il existe plutôt des manières de présenter un choix, de diriger l'attention ou de préparer une situation.

La question sur le mentalismeLa psychologie peut aider à comprendre certaines réactions, mais elle ne transforme pas quelqu'un en lecteur de pensées. Lire sur le comportement humain, l'attention ou la prise de décision peut néanmoins donner des idées pour construire un numéro.

Le plus important reste de respecter les spectateurs. Une personne qui monte sur scène n'est pas là pour être humiliée. Si elle repart en ayant passé un bon moment, l'effet sera généralement beaucoup plus fort.

Créer un personnage plutôt que copier un autre mentaliste

Au début, on a naturellement tendance à reproduire ce que l'on a vu. La façon de parler, les gestes, quelquefois même les blagues. Cela peut aider pour apprendre, mais il faut ensuite s'en détacher.

Un mentaliste mystérieux et très sérieux peut fonctionner. Un autre sera plus drôle. Un troisième aura une présentation beaucoup plus simple. Il n'existe pas un seul personnage obligatoire. Le meilleur est souvent celui que l'artiste peut tenir naturellement sans donner l'impression de jouer un rôle du début à la fin.

Le costume, le vocabulaire et même le choix des effets doivent aller ensemble. Si tout semble venir du même univers, le spectacle devient plus cohérent.

Présenter très vite ses premiers tours devant des proches

On peut répéter pendant des semaines devant un miroir, mais il arrive un moment où il faut se lancer. La famille et les amis sont souvent les premiers cobayes. C'est là que l'on découvre qu'un tour parfaitement réussi seul dans une chambre devient beaucoup plus compliqué lorsqu'une personne pose une question au mauvais moment.

Ces premières petites représentations sont utiles. On apprend à répondre, à continuer malgré une hésitation et surtout à ne pas paniquer lorsqu'un détail ne se déroule pas comme prévu.

Il faut aussi accepter qu'un effet ne marche pas toujours aussi bien que dans son imagination. Cela fait partie de l'apprentissage. On modifie quelques phrases, on change le rythme et on recommence.

Construire ensuite un petit numéro de mentalisme

Lorsque trois ou quatre expériences sont bien maîtrisées, il est possible de les assembler. Pas besoin de préparer immédiatement un spectacle d'une heure. Dix ou quinze minutes cohérentes représentent déjà un véritable travail.

Il faut penser au début, au milieu et à la fin. Le premier effet doit donner envie de regarder la suite. Les expériences suivantes peuvent monter progressivement en puissance et le dernier numéro doit laisser une impression suffisamment forte.

Il faut également éviter de présenter cinq fois la même idée sous une forme différente. Deviner un mot, puis un autre mot, puis encore un autre mot peut rapidement devenir répétitif. Le mentalisme offre suffisamment de possibilités pour varier.

Une formation de mentaliste peut-elle être utile ?

Une formation peut permettre de gagner du temps si elle est sérieuse. Un formateur pourra corriger la présentation, montrer certaines méthodes et surtout éviter quelques mauvaises habitudes. Mais suivre un stage ne transformera personne en artiste professionnel en quelques heures.

Le travail personnel restera toujours nécessaire. Il faut lire, regarder, répéter et présenter. Certains apprendront surtout avec des livres, d'autres grâce aux vidéos ou aux rencontres avec des artistes. Le mélange de plusieurs méthodes est souvent intéressant.

Avant de payer une formation, mieux vaut donc regarder précisément ce qu'elle contient et qui l'enseigne. Le terme « formation de mentaliste » peut recouvrir des choses très différentes.

Les vrais secrets pour devenir mentaliste

Il n'existe pas une formule secrète qui permet de devenir mentaliste du jour au lendemain. Il faut apprendre des techniques, travailler sa mémoire, comprendre la construction d'un tour et savoir parler devant des personnes. La confiance vient ensuite avec la pratique.

Le secret est peut-être simplement là : commencer avec peu de choses mais les travailler correctement. Un effet bien présenté vaut mieux que dix expériences mal préparées. Et lorsque le public commence à se demander comment tout cela est possible, le travail prend enfin son sens.