Description d'un numéro de transmission de pensée
La transmission de pensée fait partie des expériences que le public associe facilement au mentalisme. Le principe semble simple : une personne pense à une information et le mentaliste paraît la découvrir sans qu'elle soit prononcée. Sur scène, quelques accessoires suffisent parfois pour donner cette impression.
Voici justement un ancien numéro de mentalisme avec deux dés, un cornet et un plateau. Le déroulement paraît mystérieux lorsque l'on regarde la scène. Pourtant, comme souvent dans l'illusion, tout repose sur une méthode préparée à l'avance.
Le déroulement du numéro sur scène
Le mentaliste arrive devant le public avec un plateau. Deux dés et un cornet sont posés dessus. Il explique qu'il va tenter une expérience autour de la pensée. Pas question ici de prétendre réellement entrer dans le cerveau d'une personne. Il faut surtout donner au public cette impression pendant quelques minutes.
L'artiste annonce qu'il va demander à plusieurs spectateurs de lancer les dés. Chacun devra regarder les points obtenus et penser très fortement au résultat. Le mentaliste, placé à distance, essayera ensuite de retrouver les deux nombres.
Un assistant fait circuler le matériel dans les rangées. Les dés et le cornet peuvent être examinés. Cela donne tout de suite davantage de crédit à l'expérience. Dans un spectacle de mentaliste, ce genre de détail est important car le public cherche naturellement à comprendre où peut se cacher le truc.
Une première personne lance les dés. Elle regarde le résultat. Le mentaliste prend alors quelques secondes, fixe le spectateur et annonce par exemple :
« Le premier dé indique 5 et le second 2. »
Si le résultat est juste, l'effet commence à prendre. Une deuxième personne lance à son tour les dés. Même chose. Cette fois, le mentaliste annonce 4 et 3. Puis l'expérience continue plusieurs fois avec d'autres personnes.
À ce stade, les spectateurs peuvent commencer à se demander comment l'artiste fait pour connaître les chiffres. Pourtant, le mentaliste n'est pas encore arrivé à la partie la plus forte du numéro.
Un spectateur rejoint le mentaliste
Pour continuer, une personne est invitée à monter sur scène. Le mentaliste veut maintenant supprimer une possibilité évidente : personne dans la salle ne doit pouvoir voir le résultat des dés.
Le plateau est posé sur une table. Les dés sont placés sous un foulard ou un tissu. Le spectateur les lance sans que le mentaliste puisse regarder directement les points obtenus.
La personne soulève légèrement le tissu et regarde seule le résultat. Elle garde ensuite les deux nombres dans sa tête.
Le mentaliste se place face à elle. Il demande de se concentrer et laisse passer quelques secondes. Puis il annonce :
« Le premier dé a donné 6 et le second 3. »
Le spectateur confirme. Pour renforcer encore le numéro, une autre personne peut être appelée et l'expérience recommence. Le résultat semble une nouvelle fois connu par l'artiste.
À cet instant, le public possède normalement suffisamment d'éléments pour croire qu'une véritable transmission de pensée vient peut-être d'avoir lieu. C'est justement là que le travail de ces artistes prend tout son intérêt.
Pourquoi ce tour paraît-il aussi convaincant ?
Un effet de mentalisme fonctionne rarement grâce au truc seul. Il faut aussi installer une situation crédible. Ici, les dés sont examinés, plusieurs personnes participent et les résultats changent à chaque fois. Tout semble donc écarter une explication trop simple.
Le mentaliste laisse également quelques secondes entre le lancer et sa réponse. Ce petit temps de concentration donne de la force à la scène. S'il annonçait immédiatement le résultat, l'expérience semblerait beaucoup plus mécanique.
Le public regarde surtout le mentaliste. Pourtant, dans la première partie du numéro, la personne la plus importante n'est pas forcément celle qui se trouve sur scène.
Explication de la première partie du tour
Dans les lignes qui suivent, on entre dans le secret du numéro. Cela permet aussi de comprendre comment devenir mentaliste de spectacle et pourquoi l'apprentissage ne se limite pas à connaître un truc.
Dans la première partie, l'assistant tient le plateau dans la salle. Lui peut parfaitement voir les dés. Il connaît donc immédiatement les deux nombres obtenus.
Son travail consiste simplement à transmettre discrètement cette information au mentaliste. Le public ne doit évidemment rien remarquer.
Une série de signes peut par exemple être décidée avant le spectacle :
- l'assistant regarde les dés : cela peut représenter le chiffre 1 ;
- l'assistant regarde les spectateurs : cela peut représenter le chiffre 2 ;
- l'assistant regarde le mentaliste : cela peut représenter le chiffre 3 ;
- pour 4, 5 et 6, les mêmes positions peuvent être utilisées avec une autre manière de tenir le plateau.
Ce système n'est qu'un exemple. Un duo peut inventer ses propres signes. Le plus important est qu'ils paraissent naturels. Si l'assistant tourne brutalement la tête ou effectue un mouvement étrange à chaque lancer, le public commencera rapidement à comprendre.
Avec de l'entraînement, quelques gestes presque invisibles suffisent. Le mentaliste n'a donc pas besoin de voir les dés. Il regarde simplement son assistant au bon moment.
Le rôle de l'assistant est plus important qu'il n'y paraît
Dans ce numéro, l'assistant ne fait pas seulement circuler le matériel. Il devient une partie essentielle du mécanisme. Il doit observer, mémoriser puis transmettre l'information sans attirer l'attention.
C'est également pour cette raison qu'une répétition est nécessaire. Les deux personnes doivent connaître les codes sans hésiter. Un signal mal compris et le mentaliste annonce le mauvais nombre devant toute la salle.
Il faut aussi prévoir une manière de rattraper une erreur. Un artiste expérimenté sait rarement uniquement comment réussir son tour. Il sait aussi quoi faire lorsque quelque chose ne se déroule pas exactement comme prévu.
La seconde partie change complètement de méthode
Lorsque le spectateur monte sur scène, l'assistant ne peut plus lui transmettre aussi facilement les points. Il faut donc employer une autre méthode.
Dans la version ancienne de ce tour, des dés préparés remplacent les dés ordinaires. Cette substitution se fait pendant le déplacement du spectateur ou au moment où l'attention est portée ailleurs.
Le foulard posé sur le plateau sert aussi à cacher une partie de ce qui se passe. Le spectateur voit les points obtenus, mais le fonctionnement des dés reste invisible pour lui.
Le mentaliste connaît alors à l'avance le résultat possible. Il peut donc laisser la personne regarder tranquillement les dés avant d'annoncer les nombres comme s'il venait de les recevoir par la pensée.
Pourquoi changer les dés entre deux expériences ?
Si le même résultat revenait plusieurs fois, quelqu'un finirait forcément par trouver cela étrange. Il faut donc varier.
Dans cette ancienne méthode, changer un seul dé peut déjà permettre d'obtenir une autre combinaison. Cela évite de reproduire exactement les mêmes points lorsque plusieurs personnes montent successivement sur scène.
Le principe est simple : plus les résultats semblent libres et différents, plus l'idée d'un matériel préparé s'éloigne dans l'esprit du public.
Le secret ne suffit pas pour réussir le numéro
Connaître cette méthode ne transforme pas immédiatement quelqu'un en mentaliste. Le travail d'un artiste de mentalisme demande aussi de savoir présenter l'effet, parler au public et construire le bon rythme. Le vrai travail commence souvent après avoir appris le truc.
Quand on débute, on comprend vite que le secret ne suffit pas. Il faut aussi apprendre à parler, à donner les bonnes consignes et à regarder les réactions. Pour cela, on peut commencer par quelques bases simples, puis les essayer devant quelques personnes.
L'artiste doit éviter de regarder trop souvent l'assistant. Il doit donner des consignes claires aux spectateurs, maintenir le rythme et laisser suffisamment de temps pour que l'effet soit compris.
Il faut aussi éviter d'en faire trop. Si le mentaliste répète dix fois la même expérience, le public finira par chercher uniquement le mécanisme. Trois ou quatre passages bien construits peuvent être plus efficaces qu'une longue succession de résultats.
Transmission de pensée ou simple illusion ?
Le nom du numéro parle de transmission de pensée, mais il s'agit bien ici d'une illusion de spectacle. Rien n'oblige le mentaliste à prétendre posséder un véritable pouvoir.
Il peut même laisser planer le doute. Une partie du plaisir vient justement de là. Lors d'un événement, un mentaliste à Lyon peut également construire ce type d'expérience autour d'une pensée, d'un nombre ou d'une prédiction. Certains spectateurs chercheront immédiatement une astuce tandis que d'autres préféreront simplement profiter du moment.
Un bon numéro de mentalisme doit surtout donner quelque chose à raconter après la représentation. Le spectateur se souvient rarement de chaque phrase prononcée. Par contre, il pourra se rappeler longtemps que le mentaliste a annoncé exactement les deux dés qu'il pensait être le seul à connaître.
Un bon exercice pour comprendre le mentalisme
Ce tour est intéressant pour mieux comprendre le mentalisme, parce qu'il réunit plusieurs bases du métier : un assistant, des codes, une diversion, du matériel préparé et surtout une présentation devant le public.
Il montre aussi qu'un même numéro peut employer plusieurs méthodes successives. La première partie repose sur la communication avec l'assistant. La seconde utilise un autre procédé. Pour le public pourtant, tout semble provenir d'une seule capacité : la lecture de pensée.
C'est justement cette continuité qui donne sa force au numéro. Dans un spectacle de mentalisme, le secret technique doit disparaître derrière l'histoire racontée. Lorsque les spectateurs oublient les dés, le plateau et l'assistant pour ne retenir qu'une étrange transmission de pensée, le but est atteint.
